Les textiles

Pour Artemie, les textiles sont une source d'inspiration inépuisable : collages, couture, teinture, objets, tissage et aussi pour essuyer les bavures et peintures renversées. Et nos petites filles (et garçons aussi) découvrent les joies du tricot et du crochet.

Naturels :


laine, coton, lin, soir, chanvre...

Synthétiques :


En ce qui concerne les textiles synthétiques, il faut distinguer deux catégories de fibres chimiques : 

 

Celles dites synthétiques (nylon, polyester, polyamide, acrylique), obtenues par synthèse à partir de dérivés du pétrole et qui peuvent dans certains cas être recyclées (Patagonia propose ainsi la récupération et le recyclage de sous-vêtements en polyester, utilisés pour produire de la matière première neuve).

 

Celles dites artificielles (rayonne, viscose), obtenues  chimiquement à partir de cellulose, matière première naturelle. La viscose est obtenue par dissolution de la cellulose dans de la soude caustique, puis extrudation de cette solution dans un bain d'acide sulfurique et de sulfate de soude qui, en produisant une coagulation, permet la formation de filaments. 

 

Ainsi, même si la matière première est d’origine renouvelable, le procédé est loin d’être écologique ! Et il l’est encore moins pour les fibres synthétiques. La synthèse du nylon fait intervenir des produits toxiques tels que l'acide cyanhydrique, l'acide nitrique et le toluène. De quoi chasser immédiatement toutes ces fibres de sa garde-robe !

 

Aujourd'hui, cependant, des alternatives apparaissent : le Lyocell ou  le Tencel, par exemple, sont obtenus à partir de la cellulose du bois selon des process moins polluants, et n les préfèrera pour cette raison avec le label Oeko Tex.

 


LE COTON, FAUX-AMI DE LA PLANETE


Le coton n’a que l’air d’une fibre naturelle… car sa culture est un véritable désastre sanitaire et environnemental : sur seulement 2,5 % des surfaces cultivées, mais avec 25 % des insecticides utilisés dans le monde et jusqu’à 30 traitements chimiques par an, elle entraîne chaque année l’intoxication d’un million de personnes et le décès de 22 000 autres. Les premières victimes sont les récoltants car les engrais, pesticides et désherbants provoquent de terribles affections cutanées et pulmonaires. Un aspect moins connu, mais également préoccupant de la culture du coton, est celui de l’irrigation. Produire 1 kg de coton nécessite 75 g de pesticides, 2 kg d’engrais chimiques et entre 7 000 et 29 000 litres d’eau. L’assèchement de la mer d’Aral, après que les fleuves aient été détournés en faveur des champs de coton, en est le plus triste exemple.
Préférez donc le coton biologique (portant par exemple le label Skal), dont la culture progresse rapidement, en provenance de pays comme les USA, la Turquie ou l’Égypte.

Le polaire


Si 25 bouteilles plastiques en PET (type bouteille d’eau ou de soda) permettent de faire un pull en polaire, seulement 4 bouteilles plastiques sur 10 sont recyclées actuellement en France. Et contrairement à une idée reçue, tous les vêtements en polaire ne sont pas fabriqués à partir de bouteilles plastiques car le polyester recyclé est une matière plus coûteuse que le polyester vierge. Les bouteilles plastiques sont lavées, hachées et transformées en confettis qui sont ensuite fondus et transformés en fibres fines de polyester. Celles-ci sont alors tricotées et teintes pour être transformées en vêtements. Patagonia a été le premier fabricant à utiliser du polyester recyclé, permettant ainsi le recyclage de 92 millions de bouteilles plastiques PET depuis 1993. Chaque fois que 3 700 bouteilles sont recyclées (pour fabriquer 150 pulls), on économise un baril de pétrole (168 litres) et surtout une ressource non renouvelable.

LE VOYAGE DE NOS VETEMENTS


Le pays de fabrication affichée sur l’étiquette de nos vêtements ne doit pas nous abuser sur le fait que la réalité est souvent plus complexe et complètement ignorée du client : un pantalon en jean, par exemple, peut mêler sur un produit vendu en France du coton indonésien confectionné au Bangladesh, avec une fermeture éclair bangladaise et des boutons ou rivets venus de Hong-Kong ! Dans Les Aventures d'un tee-shirt dans l'économie globalisée, Pietra Rivoli, professeur associée à l'université Georgetown, retrace le parcours d’un tee-shirt en coton texan acheté 5,99 dollars en Floride. Les balles de coton dudit tee-shirt quittent le Texas pour emprunter les routes américaines vers la Californie. Chargées sur des bateaux, elles arrivent à Shanghai où le coton est transformé en fils puis en vêtement. Enfin des conteneurs remplis de tee-shirts sont chargés au port de Shanghai, traversent l'océan Pacifique et accostent à Miami… point de départ des balles de coton texan !
À titre d’exemple, le circuit d’une écharpe en coton bio de Seyes est nettement plus court : Maddhya Pradesh, Bombay, Allemagne, Rouen et Roanne… Autrement dit : plus la marque est grande et mondialisée, plus le vêtement a des chances d’avoir voyagé loin sans ménager la planète (l’ADEME a calculé que le transport représentait 6% au total de l'impact environnemental d’un jean) !

Le tonnage total de textiles usagés collectés en 2006 était de
326 000 tonnes.
On estime que le taux de récupération est de 20 % (3/4 provenant de déchets industriels et 1/4 de déchets des ménages).

Destination des tonnages provenant des ménages
Destination des tonnages provenant des ménages

 

 

LE RECYCLAGE ET LE DON DE VETEMENTS

Nous utilisons environ 15 kg de textile, principalement des vêtements, par an et par personne. Mais 85 % de nos vêtements finissent à la poubelle ! Et comme la récupération n’est pas prévue dans le tri sélectif, ils échouent dans un incinérateur ou une décharge … Pour les 15 % de vêtements recyclés, deux filières principales : le recyclage industriel avec la filière chiffon d’essuyage, en perte de vitesse, et celle de l’effilochage qui consiste à réutiliser la fibre pour fabriquer de nouveaux vêtements. Parmi les initiatives dans ce domaine, outre les programmes récemment lancés par Patagonia ou Lafuma sur le domaine des vêtements techniques de sport, saluons le travail de l’association Recyclaid qui récupère à Paris et dans plusieurs grandes villes de province près de 4 500 tonnes de vêtements en porte-à-porte : une partie est envoyée en Tchéquie et Slovaquie, et les plus abîmés sont transformés en chiffons. Sur le site www.digitroc.com/dons.php ou www.recupe.net vous pouvez proposer un lot de vêtements à donner ou à échanger avec une personne habitant dans votre département (ou limitrophe). Enfin, rien ne vous empêche de leur offrir une seconde vie en organisant une ronde de vêtements avec vos connaissances et amis !